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L'incubateur DINUM évolue : retour sur le premier semestre 2022 avec la construction de la Brigade

En bientôt sept ans d’existence, l’incubateur de la DINUM a contribué à la création de plus de 14 incubateurs ministériels, 150 services numériques ainsi que le développement d’un réseau qui rassemble, à date, près de 900 personnes. Depuis la crise sanitaire, l’incubateur de la DINUM a affirmé sa volonté de soutenir les administrations partenaires et le gouvernement dans le développement de services publics numériques au service des réformes prioritaires, notamment par le truchement du programme Brigade. Qu’en est-il après le lancement de sa deuxième édition en mars 2022 ?

La Brigade : une équipe interministérielle au service de la performance des services publics numériques

La Brigade, qui réunit 13 agents publics, concentre son action autour de trois objectifs :

  1. Internaliser des talents du numérique ;
  2. Construire de nouveaux services publics numériques et accompagner les produits existants qui soutiennent les réformes prioritaires du gouvernement ;
  3. Créer des produits qui favorisent la souveraineté, l’accessibilité et la sécurité numérique au sein de l’État.

Animée par l’approche Startup d’État, les principaux critères utilisés pour arbitrer sur l’éligibilité de l’accompagnement sont :

  • Gouvernance : présence d’un sponsor administratif et politique sur le long terme.
  • Culture : alignement avec l’approche beta.gouv.fr.
  • Faisabilité : concordance de temporalité, implication de l’administration partenaire et expertise métier.
  • Tangibilité : le problème est réel, majeur et actionnable.

L’équipe travaille également en coordination avec les co-animateurs de DINUM sur des sujets transverses qui concerne l’ensemble de la communauté : refonte du parcours de formation pour les intrapreneur·euse·s, création de podcasts, prévention des violences sexistes et sexuelles au sein de beta, animation du forum ouvert, etc.

Des premiers mois mis au profit de Startups d’État et d’administrations partenaires

Au regard du contexte présidentiel et de la reconstitution du Gouvernement, la Brigade s’est provisoirement concentrée sur l’accompagnement de produits numériques existants.

L’hébergement et le relogement des déplacé·e·s ukrainien·e·s

En février 2022, alors que la guerre en Ukraine se déclare, la Délégation interministérielle à l’hébergement et à l’accès au logement (DIHAL) doit coordonner la politique d’hébergement d’urgence puis de relogement des réfugiés ukrainiens. Plusieurs défis sont à relever : d’une part, la coordination nationale inter-administrations et associations, d’autre part l’amélioration du parcours des réfugié·e·s à leur arrivée en France. La Brigade a été saisie pour investiguer ce double sujet : un binôme coach-développeur a réalisé une investigation de deux semaines sous la forme d’entretiens avec les parties prenantes. Des propositions ont été faites à la DIHAL afin d’éviter des outils de pilotage contraignants pour les acteurs du terrain et améliorer la réception des réfugié·e·s sur le long terme.

Cette mission a permis de soulever notamment un point intéressant pour les prochaines commandes d’urgence : les situations de crise relèvent de dysfonctionnements structurels, qui peuvent être pansés de façon conjoncturelle mais qui exigent d’intégrer une réflexion plus long terme autour de la politique publique concernée.

Le soutien à quatres politiques publiques prioritaires du quinquennat

La Brigade a accompagné différents produits sur des sujets jugés prioritaires ou à fort potentiel d’impact pour le quinquennat à venir, en phase d’investigation ou de construction :

  • Investigation avec le Défenseur des Droits pour améliorer le parcours des personnes en situation de discrimination ou de non respect de leur droit et qui font appel à cette autorité indépendante. Grâce au recueil des données et la mise en place de données analytiques, l’équipe a permis de déceler des faiblesses au niveau du formulaire de saisine et d’améliorer le parcours utilisateurs pour diminuer le taux d’abandon.
  • Accompagnement de France Chaleur Urbaine pour implémenter une stratégie de déploiement et pérenniser le rôle de chargé·e de déploiement dans l’équipe, de sorte à accélérer le nombre de raccordements aux réseaux de chaleur des copropriétés françaises permis par la plateforme.
  • Audit et recommandations d’améliorations techniques de la plateforme Histologe qui permet de faciliter le signalement et la prise en charge du mal logement, anciennement Startup de l’Agglomération de Pau, devenu au cœur de la stratégie nationale de lutte contre le mal-logement.
  • Investigation avec Carte Jeune pour accompagner l’intrapreneuse dans la définition de sa vision stratégique et l’élaboration de sa feuille de route opérationnelle.

Améliorer les standards techniques du réseau beta.gouv

En tant qu’équipe interministérielle, la Brigade s’est aussi donnée pour mission de contribuer à l’amélioration des standards techniques du réseau beta, notamment par des missions sur :

  • L’accessibilité à travers des formations et la mise en conformité partielle du site beta.gouv.fr.
  • La sécurité avec la formation de 20 développeur·euse·s : à l’exploitation de failles XSS et d’injection SQL, et aux enjeux liés au mauvais chiffrement de données sensibles. au fonctionnement et à l’implémentation des en-têtes de sécurité HTTP.
  • Le développement/l’amélioration de communs comme Audioconf ou Dashlord.

Les facteurs clés de succès pour les start-ups d’État

Au travers de ces différentes missions, la Brigade a constaté le besoin de rappeler quelques facteurs clés de l’approche beta.gouv pour les personnes travaillant pour ou avec des start-ups d’État.

1) La présence d’un·e intrapreneur·e est essentielle pour impliquer l’administration porteuse et obtenir suffisamment d’expertise métier sur le sujet. La brigade expérimente un modèle d’accompagnement parfois alternatif (comme ce fut le cas avec la DIHAL) et l’absence d’expert métier conduit à des difficultés opérationnelles qui ralentissent la mission.

2) Les standards de qualité logicielle doivent être respectés dès le début de la création d’une Startup d’État. En effet, le code doit être ouvert, instrumenté par des tests automatisés et déployé fréquemment. Il doit respecter les standards du langage et du framework, ainsi que les normes de sécurité. Cette hygiène de travail est une condition essentielle à l’évolution d’une Startup d’État.

3) Le métier de chargé de déploiement est encore trop méconnu, alors qu’il est nécessaire dans la construction d’un produit piloté par l’impact. Assurer une compatibilité entre le produit et ses usagers, trouver ses premier·e·s utilisateur·ice·s et maintenir le contact au terrain sont des activités à plein temps qui nécessitent une ressource dédiée.

4) Certaines décisions devraient être étayées par la collecte et l’analyse des données d’usage du produit car cette alternative permet de mieux comprendre le comportement utilisateur et de mettre en avant des statistiques utiles pour confirmer les hypothèses de l’investigation.

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